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http://www.observatoire-eau-bretagne.fr/Media/Acteurs/Qui-fait-quoi/Le-plan-de-lutte-contre-les-algues-vertes-en-Bretagne
Dernière modification le 25 octobre 2010
La prolifération des algues vertes est un phénomène qui touche les côtes bretonnes depuis une trentaine d’années. En juillet 2009, la mort d’un cheval intoxiqué par des algues vertes en putréfaction relance le débat. Le gouvernement décide alors de réagir et met en place le « plan de lutte contre les algues vertes ». Aude Witten, chargée de la mission interdépartementale et régionale de l'eau auprès du Préfet de la région Bretagne, nous explique les objectifs et les tenants de ce plan.
Le plan de lutte contre les algues vertes est un programme gouvernemental mis en place en février 2010 et autour duquel s’organisent les actions de l’État pour lutter contre les marées vertes en Bretagne.
D'un total de 134 millions d'euros, ce plan gouvernemental vise à améliorer les connaissances sur le phénomène des marées vertes ; à soutenir les efforts de ramassage et de traitement des ulves échouées (couts jusqu’alors totalement supporté par les collectivités territoriales) ; et à réduire les concentrations en nitrates des cours d’eau qui sont à l’origine de la prolifération des algues vertes. Le plan de lutte repose donc sur 3 volets : des mesures curatives pour gérer les algues échouées, des mesures préventives pour réduire les fuites d’azote et des mesures pour approfondir les connaissances sur ce phénomène.
Ce plan fait suite à un rapport d’étude de l’INERIS, missionné par le ministère en charge de l’écologie le 11 août 2009, suite à la mort d’un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (côtes d’Armor) quelques semaines plus tôt, pour déceler d’éventuels gaz toxiques émis par les algues vertes en décomposition. Il a ensuite été bâti sur les conclusions du rapport d’une mission interministérielle qui, pendant quatre mois, a fait un état des lieux du phénomène et évalué l’ensemble des solutions pour faire face aux algues vertes.
Le plan de lutte concerne le littoral breton et plus particulièrement les 8 baies (21 bassins versants) identifiées dans le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage) Loire-Bretagne comme particulièrement touchées par la prolifération d’algues vertes.
Sur le volet préventif, aspect majeur du plan, le renforcement des actions déjà en place pour lutter contre les proliférations d’algues vertes est visé. Pour cela, le plan s’appuie sur l’organisation et le fonctionnement des structures locales de gestion de bassins versants que sont les Schémas d’aménagement et de gestion des eaux (Sage) ; les commissions locales de l’Eau (CLE) étant les maitres d’orchestre de cette gestion locale. Le plan redéfinit les priorités et apporte des aides financières pour renforcer les actions existantes. Il demande d’aller au-delà des objectifs initialement fixés dans le cadre des programmes initiaux portés par les bassins versants.
La mise en œuvre du plan est confiée au préfet de région. Celui-ci s’appuie sur plusieurs instances afin d’assurer une gestion partenariale des décisions et de garantir un suivi scientifique des opérations :
- le comité de pilotage regroupe l’ensemble des financeurs : l’Etat, le Conseil régional de Bretagne, l’agence de l’Eau Loire-Bretagne et l’Ademe. Son rôle est de suivre et d’orienter la déclinaison du plan.
- le comité régional de suivi est une instance de concertation qui regroupe l’ensemble des acteurs locaux de la région, soit une soixantaine d’élus et de représentants de toutes les structures territoriales, associatives et professionnelles concernées par la lutte contre les algues vertes (voir sa composition dans l’arrêté préfectoral du 19 mars).
- le comité scientifique du plan algues vertes a été installé le 31 mai 2010 par arrêté préfectoral auprès du comité de pilotage. Cette instance interdisciplinaire, composée de 21 membres, est chargée d’expertiser et d’évaluer, sur un plan scientifique et technique, les propositions faites dans le cadre du volet préventif et d’en évaluer l’efficacité.
Le plan de lutte contre les algues vertes a été présenté en février 2010. Il a démarré par l’installation des différents comités et l’organisation des services de l’Etat pour l’application des différentes mesures. Il s’est également traduit par la recherche de solutions techniques pour anticiper et préparer les échouages de l’été 2010. Des financements ont ainsi été mobilisés pour la construction d’unités de traitement des algues vertes échouées. La sécurité et l’information du public ont également été renforcées, par la diffusion auprès des municipalités et des offices de tourismes de panneaux et de brochures d’information.
Sur le volet préventif, les deux baies pilotes que sont Saint-Michel-en-Grève et Saint-Brieuc doivent répondre à un appel à projet lancé en juillet 2010. Leurs propositions d’actions sont attendues avant la fin de l’année, de manière à permettre la mise en œuvre des mesures de réduction des flux de nitrates dès 2011. Deux baies finistériennes se lanceront dans la même démarche dès l’automne 2010. Une « troisième vague » de projets suivra en 2011, concernant les 4 baies restantes.
Un bilan des actions engagées sera régulièrement réalisé, communiqué au comité régional de suivi et rendu accessible au grand public sur le site internet de la préfecture de Bretagne.
Les algues vertes prolifèrent depuis plus de 30 ans sur les côtes bretonnes et jusqu’alors aucune des mesures engagées pour les réduire n’a eu de résultat visible sur la réduction des ulves. Même si l’on constate depuis l’année 2000 l’amorce d’une baisse des teneurs en nitrates dans les rivières, il faudra une réduction de ces teneurs bien plus importante pour espérer que cela ait un impact visible sur la production d’algues vertes en mer. Il s’agit là d’un dossier nécessitant des efforts importants sur le long terme et où il faut tenir compte de l’inertie du milieu.
Le plan vise donc une réduction sensible du volume des algues, 2015 représentant une étape intermédiaire sur cette voie.
Propos recueillis par Emilie Novince (GIP Bretagne environnement)
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